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Playtech : l'EBITDA ajusté bondit de 77 % au premier semestre, porté par les États-Unis

Le fournisseur B2B a dégagé 162,5 millions d'euros d'EBITDA ajusté sur six mois, avec une hausse de 161 % de son chiffre d'affaires aux États-Unis et au Canada. La taxe britannique sur le jeu à distance, passée de 21 % à 40 %, pèse déjà sur ses revenus européens.

2026-09-10

Playtech : l'EBITDA ajusté bondit de 77 % au premier semestre, porté par les États-Unis

Playtech a publié le 10 septembre ses résultats du premier semestre 2026 (clôture au 30 juin). Le chiffre d'affaires du groupe s'établit à 425,1 millions d'euros, en hausse de 10 % sur un an. L'EBITDA ajusté progresse de 77 % à 162,5 millions d'euros, contre 91,6 millions sur la même période de 2025. Le flux de trésorerie libre atteint 101,0 millions d'euros, contre 6,6 millions un an plus tôt.

La croissance américaine et le produit Past Motor Racing

Pratiquement toute la progression du bénéfice provient de la division B2B, dont le chiffre d'affaires augmente de 14 % à 394,8 millions d'euros. La marge divisionnelle passe de 21,1 % à 32,4 %. Aux États-Unis et au Canada, le revenu bondit de 161 %, de 21,8 à 56,9 millions d'euros. Playtech attribue l'essentiel de cette hausse au produit « Games powered by Past Motor Racing », conçu pour Hard Rock Bet en Floride. Ce jeu se règle sur les résultats d'événements de courses automobiles passés, sans générateur de nombres aléatoires.

Le fournisseur a également lancé ses opérations au Connecticut au cours du semestre, portant son empreinte iGaming régulée à six États américains. Il est passé en production avec FanDuel en Virginie-Occidentale, Bet365 au Michigan et Fanatics dans plusieurs États.

En Amérique latine, le chiffre d'affaires s'élève à 99,9 millions d'euros, en hausse de 14 % (29 % sur une base sous-jacente, la comparaison 2025 étant gonflée par la révision de l'accord Caliente Interactive). Le Mexique et la Colombie portent la croissance. En Europe hors Royaume-Uni, le revenu progresse de 2 % à 104,5 millions d'euros ; l'Espagne et la Pologne sont les marchés les plus dynamiques.

Le poids de la taxe britannique

Le revenu B2B au Royaume-Uni recule de 8 % à 59,0 millions d'euros. La remote gaming duty, qui s'applique aux opérateurs de jeux à distance, est passée de 21 % à 40 % le 1er avril 2026. Seuls trois mois de cette majoration sont tombés dans le premier semestre. Playtech indique que la taxe agit indirectement, par le biais des opérateurs qu'elle fournit, et que la pression sera complète sur six mois au second semestre. Le groupe anticipe par conséquent un bénéfice semestriel inférieur à celui du premier trimestre.

Trésorerie, investissements et rachat d'actions

La trésorerie nette s'établit à 39,2 millions d'euros au 30 juin, contre 77,1 millions un an plus tôt, lorsque Playtech conservait encore le produit de la cession de Snaitech. Les revenus d'investissement contribuent à hauteur de 34,2 millions d'euros à l'EBITDA ajusté, en hausse de 73 %, principalement via la participation de 30,8 % dans Caliente Interactive. La détention dans Hard Rock Digital est valorisée à 246,7 millions d'euros, contre 178,8 millions à fin 2025 pour une mise initiale d'environ 80 millions en 2023.

Le groupe a constitué une provision de 28,9 millions d'euros sur sa garantie liée à un prêt accordé à NorthStar, opérateur canadien placé sous une ordonnance de cessation de négociation par la Ontario Securities Commission durant la période. Playtech a racheté environ 1,8 % de son capital pour 24,6 millions d'euros sur le semestre, portant le total des rachat à 10 % du capital émis (environ 100 millions d'euros) depuis septembre 2025. Aucun dividende intermédiaire n'a été distribué.

Une seconde semestre sous pression

Playtech maintient sa prévision annuelle d'EBITDA ajusté supérieur à 270 millions d'euros, au sein de la fourchette médiane 2025-2030 de 250 à 300 millions. Le groupe vise désormais le haut de cette fourchette, ainsi que l'objectif de flux de trésorerie libre de 70 à 100 millions d'euros, plus tôt que prévu. Il anticipe toutefois un ralentissement au second semestre : la contribution de Hard Rock Digital devrait se normaliser après le pic Past Motor Racing, des dépenses préalables à un partenariat au Brésil (signature attendue fin 2026) pèseront, et la taxe britannique s'appliquera sur l'intégralité des six mois.

Le titre PTEC s'échangeait à 397,4 pence avant l'ouverture de Londres le 10 septembre, en hausse de 45,8 % depuis le début de l'année. Le 9 juillet, il avait bondi de 18 % à la suite d'une mise à jour commerciale annonçant un EBITDA semestriel supérieur à 155 millions d'euros et un bénéfice annuel au-delà de 270 millions.

Pourquoi c’est important

Playtech, fournisseur B2B de jeux pour opérateurs régulés, concentre désormais une part croissante de son revenu sur six États américains et sur un petit nombre de partenariats majeurs. La hausse de la remote gaming duty britannique à 40 % réduit la marge des opérateurs qu'il fournit, ce qui se répercutera directement sur les investissements en contenu et en bonus des casinos en ligne européens au second semestre. Les joueurs francophones qui fréquentent des plateformes opérées par des clients de Playtech (Bet365, FanDuel) sont concernés par la dynamique tarifaire et réglementaire en cours.